Dans l’étrange territoire de distinction que s’est défini Ibride, les objets entrent en connivence, chuchotent leur présence et partagent avec nous des envies d’exception. L’usage s’anime alors d’affectif, de mémoire et de sens. Le mobilier prend des allures zoomorphes, les plateaux investissent les murs, les colonnes se délitent en modules d’assise, le vase Ming s’entrouvre verticalement…

La rencontre insolite de références et de fonctions s’ignorant jusqu’alors suscite un élan poétique, et énonce un principe éditorial exigeant. Depuis 1996, l’éditeur français manufacture avec soin de petites collections qu’il conviendrait de qualifier de design d’auteur. En marge des velléités d’uniformisation, résiste ici l’envie de cultiver la singularité des concepts et de pérenniser les savoir-faire de proximité.

Au fil de ses collections, Ibride s’est construit une mythologie constituée d’images réelles ou supposées, de formes archétypales ou inédites, avec la volonté que les objets soient reliés les uns aux autres par un fil invisible, une sorte de lien de parenté. Ibride façonne des objets pluriels, des objets cocasses et puissants, des objets à s’approprier. Ensuite nous est confié le soin de les apprivoiser.

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